Condamnable (adjectif, adj. des deux genres)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Adjectif 

(m ne se prononce pas)
XV e siècle, condempnable, « inutilisable ». Dérivé de condamner ou emprunté du bas latin condemnabilis, « répréhensible ». . Qui mérite d'être condamné. Un acte, un crime . Fig. Blâmable, déplorable. Une attitude, une conduite . Tenir des propos s.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

adj. des deux genres 

(Dans ce mot et dans les deux suivants, on ne prononce pas l'M.) . Qui mérite d'être condamné. "Action, opinion, maxime . Il est dans sa conduite."



Dictionnaire d'Emile Littré

Adjectif 


Qui mérite d'être condamné, d'être blâmé. Action . Il est d'avoir ainsi parlé.
RAC.: « Ah ! d'un si grand service oubli trop »
VOLT.: « Vous voulez voir encor cet objet »

HISTORIQUE
    XVIème siècle
LANOUE: « Ils seroyent s si ils y parvenoyent au detriment public ou particulier »

ÉTYMOLOGIE
    Condamner

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE
    CONDAMNABLE. Ajoutez : - REM. Malherbe a écrit condemnable : Il est des choses répréhensibles qui ne sont pas condemnables, Lexique, éd. L. Lalanne.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française



(On ne prononce pas l'M dans ce mot et dans les suivants.) Qui mérite d'être condamné. "Action . Il est dans sa conduite. Opinion . Maxime ."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Adjectif 


des 2 genr. (On ne prononce pas l'M dans ce mot et les suivans.) Qui mérite d'être condamné. "Maxime . Action condamnable. Il est dans sa conduite. Opinion ".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Adjectif 


Qui mérite d'être condamné. "Maxime . Action . Il est dans sa conduite. Opinion ."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Adjectif 

CONDAMNATION, s. f. CONDAMNER, v. a. ["Kondâ-nable", et non pas "condamenable": on ne prononce point l'"m": "Kondâna-cion", en vers "ci-on", "kondâné"; 1re et 2e. lon. 3e dout. au 1er.] "Condamnable", est ce qui mérite d'être condamné. "Condamnation", jugement par lequel on condamne, ou, l'on est condamné. "Condamner", c'est doner un jugement contre quelqu'un. 'Action, maxime, opinion "condamnable": Il est très-"condamnable" dans sa conduite. Prononcer "condamnation": il n'atend que "sa condamnation".
- "Condamner à" mort, "à la" mort, "aux" galères, "au" bannissement, "aux" dépens, etc.
   I. "Condamnable", ne se dit que des persones et des chôses, qui ont un raport immédiat à la persone. On l'a vu par les exemples cités.
   II. "Passer condamnation", au propre, c'est consentir à ce que la partie adverse obtiène un jugement à son avantage; au figuré, c'est convenir qu'on a tort. Il se dit, ou avec la prép. "sur": 'Je "passe condamnation sur" ce point, mais je soutiendrai toujours l'aûtre; ou absolument et sans régime. 'Donat n'osa plus se montrer au Concile après le premier jour: c'étoit "passer condamnation" et s'avouer calomniateur. "Berault", Hist. de l'Égl. = "Subir condamnation", c'est aquiescer à une sentence dont on pourrait apeler.
   2°. "Condamnation", avec le régime de la prép. "de", ou les pronoms possessifs, se dit de celui qui "est condamné", et non du Juge qui "condamne": 'Il a donc un sens passif, et non actif.
- "Le Gendre" s'exprime mal quand il dit: 'Socrate avoit peu de sujet de regretter un reste de vie; qui ne pouvoit être que fort malheureûse après "la condamnation du" Peuple Athénien.
- Il devait dire, après le "jugement" si injuste "du" peuple, ou bien, après "sa condamnation", si injustement prononcée "par" le Peuple.
   III. Rem. 1°. "Rollin" écrit "condanner" avec 2 "n": cette ortographe est contre l'étymologie, "condemnare"; contre l'usage et contre la prononciation; car la double "n" rend la syllabe qui précède brève, et l'"a" est long.
- "Richelet" écrit aussi "condannable", "condannation", "condanner". On peut lui apliquer la même remarque.
- 2°. "Condamner" régit "à" devant l'infinitif. On "le condamna à périr" sur un échafaut. Il "a été condamné au" banissement, et "à faire" amende-honorable.
- "Ferrière" lui fait régir "de": 'Il "fut condamné d'être" pendu. C'est un faux régime. = On lit aussi dans le "Dict. Hist." Art. Diane "de Poitiers", 'Son père "fut condamné d'avoir" la tête tranchée. Malgré la cacophonie de, "à avoir", il faut le dire ainsi, ou prendre un aûtre tour de phrâse.
- L'"Acad." ne met point d' exemple du régime des verbes: c'est un oubli. = "Être condamné", régit "par", ou "de" pour le régime de la persone. 'Il "a été condamné par" le Présidial. 'Il "est condamné de" tout le monde.
   O Ciel! si notre amour "est condamné de" toi,
   Je suis la plus coupable, épuise tout sur moi.
Remarquez que "par" vaut mieux dans le sens propre, et "de", quand "condamner" a le sens de "blâmer", "désaprouver".
   3°. "Condamner" se dit quelquefois des chôses: "Condamner une" porte, "une" fenêtre, la fermer de telle manière qu'on ne puisse plus l'ouvrir: en interdire l'usage. Il n'y a que le verbe, qui ait cette signification. On ne dit point, "cette porte est ", ni, prononcer "la condamnation d'une" fenêtre.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Adjectif 


de tout genre. Qui merite d'estre condamné. "Maxime . action . il est dans sa conduite".




Emplacement dans le dictionnaire :

concupiscence
concupiscent
concuré
concurremment
concurrence
concurrencer
concurrent
concurrentiel
concussion

condamnation
condamné
condamner
condensant
condensateur
condensation
condensé
condenser
condenseur
condescendance
condescendant




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...deux classes qui se partagent aujourd'hui la société française se jettent réciproquement l'accusation de matérialisme. La franchise oblige à dire que le matérialisme des classes opulentes est seul condamnable. La tendance des classes pauvres au bien-être est juste, légitime et sainte, puisque les classes pauvres n'arriveront à la vraie sainteté, qui est la perfection intellectuelle et morale, que par...


Citation n°2 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...amis. Et puis, il y a dans les sages je ne sais quoi d'orgueilleux, quelque soin qu'ils mettent à se faire humbles et condescendants. Ce n'est pas leur faute ; l'orgueil (et ce mot ici n'a rien de condamnable) est dans ce qu'ils sont. Le grand seigneur est orgueilleux aussi ; mais son orgueil choque moins le peuple. Celui-ci se console de n'avoir pas l'or et les cordons du grand seigneur ; mais il ne...


Citation n°3 de Germaine de STAËL (Considérations sur les principaux évènements de la Révolution française)

...et dont on ne peut se départir d'une ligne sans tomber dans des innovations pernicieuses ? Si tout changement, quelle que soit son influence sur le bien général et les progrès du genre humain, est condamnable, uniquement parce que c'est un changement, il sera facile d'opposer à l'ancien ordre de choses que vous invoquez, un autre ordre de choses plus ancien qu'il a remplacé. Ainsi les pères de ceux de...


Citation n°4 de Étienne PIVERT de SENANCOUR (Obermann : t. 1)

...ce que je suis, je veux dire ce que je dois être ; et cet état une fois bien connu, je m'efforcerai de le conserver toute ma vie, convaincu que rien de ce qui m'est naturel n'est dangereux ou condamnable, persuadé que l'on n'est jamais bien que quand on est selon sa nature, et décidé à ne jamais réprimer en moi que ce qui tendrait à altérer ma forme originelle. J'ai connu l'enthousiasme des vertus...


Citation n°5 de Étienne PIVERT de SENANCOUR (Obermann : t. 2)

...si en écrivant sur les institutions humaines je parvenais à ne point parler des systèmes religieux, on n'y verrait autre chose que des ménagemens pour quelque parti puissant. Ce serait une faiblesse condamnable : en osant me charger d'une telle fonction, je dois surtout m'en imposer les devoirs. Je ne puis répondre de mes moyens, et ils seront plus ou moins insuffisans ; mais les intentions dépendent de...


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